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 Pas d’arc en ciel au Front  (par le Père Viot)

 

Le soleil n’a en effet pas percé pendant le discours de Madame Marine Le Pen, lors de la fête de Jeanne d’Arc organisée par son parti, et ce n’est pas sa faute ! Ce qui en revanche l’est, c’est l’absence de la vraie Jeanne d’Arc dans un discours qui pour sa première partie était censé lui être consacré. Pas de Jeanne d’Arc et même pas de ciel du tout dans ce discours qui, ironie du sort, critiquait à juste titre la manière de traiter l’enseignement de l’histoire par nos autorités.

En « réussissant » ce tour de force qui consiste à parler de Jeanne d’Arc pendant plusieurs minutes sans évoquer une seule foi son catholicisme, son attachement à la monarchie légitime  et au droit divin qui en découlait, pour réduire notre « Patronne secondaire » de la France (après la Vierge Marie) à une sorte d’image prophétique du militantisme féministe, style Front National, Madame Le Pen a fait ni plus ni moins que du Najat Vallaud-Belkacem.

Cette manipulation de l’histoire met une « rallonge » à sa formule, sur les questions spirituelles du moins. On va pouvoir parler d’UMPSFN. Tous unis dans le gargarisme républicano-laïc, pensée unique obligée des démagogues de tout poil, car dans son discours on retrouvait aussi l’idolâtrie du peuple avec des accents que n’auraient pas désavoués les plus ardents jacobins de 1793. On attendait autre chose d’une représentante de la droite française !

Le 1er mai dernier il n’y a donc eu ni « Arc » ni Jeanne, ainsi l’a voulu madame Le Pen, emboîtant allègrement le pas au politiquement correct qui exclut le fait religieux de l’espace public ! Mais l’incorrection et la vilenie en sont d’autant plus graves qu’on prétend honorer une personne dont toute l’action ne s’explique que par la religion catholique dont les lois devaient s’imposer en France plus que partout ailleurs.

Fille aînée de l’Eglise, ce pays ne pouvait avoir qu’un roi légitime, tenant son pouvoir de Dieu et pas seulement de lois ! D’ailleurs, au moment où Jeanne intervient, la loi salique n’est pas encore achevée sous la forme que nous lui connaissons, à savoir la transmission par la seule filiation masculine ! C’est Jeanne, en tant que prophète de Dieu, qui désigne Charles qui n’était que le « roi de Bourges » comme roi de France et le conduit au sacre de Reims qui le légitimera. C’est le surnaturel qui est intervenu par Jeanne, tout le monde en conviendra à l’époque ! Et logiquement, à défaut de la reconnaître prophète, ses adversaires verront en elle une sorcière ! Jeanne scella par sa mort la vérité de son message, confirmé par la grandeur de l’institution royale française qui comporta, dans l’ensemble, des hommes remarquables, quelques uns moyens, voir médiocres, mais que la fonction bonifiait. Ce qui n’est pas forcément le cas dans d’autres systèmes ! De plus, tous les contre-pouvoirs que comportait l’Ancien Régime exigeaient une recherche constante du consensus, par le « haut » et sous le regard de Dieu à qui le roi devait des comptes, pour lui même et pour son peuple !

La révolution française a maintenant tout cassé en chassant Dieu de l’espace public et son influence pernicieuse se maintient dans tous les partis adorateurs d’une nouvelle déesse, la Laïcité fille de la déesse Raison dont le Temple était Notre Dame de Paris en 1793 ! Cela dit l’adoration laïciste de madame Le Pen et des ses alliés objectifs de droite dite républicaine comme de gauche n’est pas très « raisonnable » ! Car ils n’en ont pas fini pour autant avec la religion ! Celle-ci s’est réinvitée à la « table médiatique » par l’Islam !

Certains naïfs du laïcisme, de l’extrême gauche à l’extrême droite y ont vu l’occasion de rajouter un couplet à leur hymne à la laïcité ! Oui la bonne déesse était la seule à pouvoir nous éviter le fanatisme religieux ! Et des voix religieuses, chrétiennes et musulmanes se sont joints à leur chant. On est allé jusqu’à dire que l’islamisme n’avait rien à voir avec la religion musulmane, et ce dans l’intention que je reconnais bonne d’éviter des amalgames ! Mais chacun devrait savoir que l’enfer est justement pavé de bonnes intentions !

L’Islam, je l’ai déjà écrit et je le maintiens, comporte des ombres dans son enseignement ! Il appartient à ses autorités religieuses d’être claires sur des questions essentielles pour le « vivre ensemble » comme le jihad, le fait que tout être humain naisse musulman, etc… ! Or elles ne le sont pas toujours !

Il est vrai que l’actuel gouvernement les suspecte moins que l’Eglise catholique. Pour toutes sortes de raisons ! Mais que nos compatriotes musulmans ne s’y trompent pas, cela n’est guère dans leur intérêt ! Dans le même temps, ces mêmes dirigeants corrompent l’esprit de la jeunesse par un enseignement public dévalorisant la culture de notre pays, ce qui a fait sa grandeur, ce pourquoi Jeanne d’Arc s’est battue! Quand, aveuglé par le fanatisme idéologique on en arrive à accumuler tous les reniements possibles et imaginables, on finit par arriver a des absurdités ! Je ne puis laisser passer la dernière ! Chacun le comprendra vu mes fonctions, bien que je ne parle qu’en mon nom propre !

Au moment ou nous commémorons la 1ère guerre mondiale, le 70eme anniversaire de la fin de la seconde, où le Président de la République nous parle du devoir de « transmission », on ose placer sur la cathédrale de Strasbourg le drapeau européen, seul, sans le drapeau tricolore ! Pour célébrer l’Europe une journée, la présence des deux eut été acceptable ! Mais le retrait du drapeau français, lui ne l’est pas ! Au nom des morts de Verdun, au nom du serment de celui qui était encore le général Leclerc à Koufra, je dis que cet acte est une sottise et pire une infamie !

De plus, l’Europe, telle qu’elle se vit et s’exprime aujourd’hui est loin de faire l’unanimité, en particulier sur ses options morales, qui semblent peu compatibles à plus d’un avec ce que représente une cathédrale ! A défaut de célébrer Jeanne d’Arc comme il convient, les Autorités de notre pays, et les responsables de la prise en otage de la cathédrale de Strasbourg devraient demander pardon aux morts de la grande guerre, et au Maréchal Leclerc et à ses compagnons, de leur coupable négligence vis a vis du drapeau tricolore. Ce lieu était bien le seul où il ne pouvait être supplanté par un autre ! Mais il est vrai que selon notre garde des Sceaux « je suis Charlie » bis, « dans la France de Voltaire on peut se moquer de tout » ! C’est ainsi qu’on fait descendre un pays au séjour des morts déshonorés !

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P DE VILLIERS

Philippe de Villiers : «Nos élites rêvent d’un petit homme sans racine, ni filiation» (2/2)

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – A l’occasion de la sortie de son Roman de Jeanne d’Arc, Philippe de Villiers a accordé un entretien fleuve à FigaroVox dans lequel il s’en prend aux élites et proclame sa passion pour la France. Deuxième partie.

Vous comparez l’Europe de Bruxelles et celle de Jehanne d’Arc. N’êtes-vous excessif et anachronique?

Philippe DE VILLIERS: Le Traité de Troyes vaut bien le traité de Maastricht. En 1420, que pensent les élites? Autour d’Isabeau de Bavière, plissée de gras sous le hennin, cette «truie couronnée» comme on l’appelle à l’époque dans les pays de France, les élites pensent que la souveraineté est une charge trop encombrante. Donc il faut s’en débarrasser. On cède et on transfère la souveraineté à l’étranger, à l’Angleterre. On pense y gagner en prospérités. On console le peuple en lui disant que la France sera plus grande quand elle sera anglaise. Et voilà que le petit roi d’Angleterre devient le petit roi de France et d’Angleterre, Henri VI. Il y a un régent en France qui s’appelle le duc de Bedford, qui est le beau-frère du duc de Bourgogne. Comment Jehanne appelle-t-elle les Bourguignons, ceux-là même qui préfèrent que la France soit gouvernée par l’Angleterre que par le roi de Bourges? Elle les appelle des «Français reniés». Quelle sémantique! C’est la trahison des élites: la trahison des élites politiques, celles qui se déchargent de la souveraineté, trop lourde à porter, et qui considèrent que la France a fait son temps ; la trahison des élites économiques aussi, qui, pour l’essor de leurs commerces, au nom des laines anglaises, des tissus flamands et des vins de Bourgogne, demandent au roi de France, avant d’entrer dans la ville de Troyes, de les rassurer: «dites-nous que les affaires continuent à prospérer comme avant» ; et bien sûr la trahison des clercs enfin, qui refusent que Jehanne aille voir le Pape, ce qui est son droit le plus strict et qui lui reprochent un excès de patriotisme. Il y a une sorte de balise permanente dans l’histoire de France. Le peuple suit ses héros. Le peuple sent les sincérités de celui qui le sauve, de celui qui l’accompagne dans ses ardeurs, dans ses blessures et ses désespoirs, en l’occurrence Jehanne d’Arc. Alors même que les élites, qui sont toujours en polarisation inverse, renouvellent sans cesse leur posture d’opposition à la survie de la France. Elles préfèrent à leurs voisins, le très lointain, et à leurs propres souvenirs la mémoire des autres. Toute sa vie, Jehanne d’Arc va lutter avec le peuple contre les élites. Comme dans les films, je dirais que toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé n’est que pure coïncidence!

A suivre…

 

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Philippe de Villiers : Jeanne d’Arc, la France et moi (1/2)

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – A l’occasion de la sortie de son Roman de Jeanne d’Arc, Philippe de Villiers a accordé un entretien fleuve à FigaroVox dans lequel il s’en prend aux élites et proclame sa passion pour la France. Première partie.

FIGAROVOX: Après le roman de Charrette et le roman de Saint-Louis, vous vous attaquez à la figure de Jehanne d’Arc. En quoi votre travail diffère-t-il de celui d’un historien traditionnel?

Philippe DE VILLIERS: Je n’en ai ni la formation, ni la patience. Je suis plutôt un homme d’action qui écrit des scenarii, ou plus exactement des cinéscénies pour l’œuvre du Puy du Fou. Mon livre est en quelque sorte une cinéscénie littéraire. J’écris à la première personne comme s’il s’agissait des mémoires imaginaires de Jehanne d’Arc. Je veux mettre à la portée des nouvelles générations qui voient la France s’abîmer, des figures emblématiques qui ont illuminé notre histoire, pour que les jeunes Français aient le goût de les connaître et d’aller les découvrir. Avec «Le roman de Jehanne d’Arc», j’ai voulu rendre à la plus grande héroïne de notre Histoire son humanité, retrouver la vérité de ses émois, de ses éblouissements, de ses désarrois devant l’innommable. Depuis mon enfance, comme beaucoup de Français, je regarde Jehanne d’Arc tout là-haut, accrochée aux tentures sacrées, lointaine, séraphique comme une sainte d’enluminure. Avec ce livre, j’ai voulu dépasser le mythe, aller au cœur du mystère, déposer la tapisserie pour la regarder de plus près, essayer de saisir et de traduire ses fragilités, ses doutes et ses vraisemblances.

A suivre…