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Génocide des chrétiens d’Orient et d’Afrique – Résumé des interventions du samedi 18 avril au congrès « Nous sommes tous nazaréens » à Madrid

Résumé des interventions du samedi 18 avril au congrès « Nous sommes tous nazaréens » à Madrid.

Mgr Joseph Danlami Bagobiri, évêque de Kafanchan, au nord du Nigeria, a lancé unappel à la communauté internationale pour défendre les chrétiens de Boko Haram. « Nous devons arrêter le génocide » a-t-il réclamé tout en expliquant que «nous avons souffert 53 attaques seulement pour notre foi. »

Le prélat a noté qu’une fois « plus de 100 chrétiens ont été tués en une nuit. » « Ce n’est pas de la fiction, c’est la réalité. » Le prélat nigérian a appelé à l ‘«union des gouvernements pour défendre les citoyens » Nigérians.

Mgr Bagobiri se basant sur les paroles du Pape François a aussi demandé la «condamnation» de ce «génocide» qu’il faut arrêter. « Le pape reconnaît qu’il est nécessaire d’utiliser la force pour arrêter le mal. » « Nous devons combattre le mal avec courage, » a-t-il résumé.

Dans la même veine, Mgr Bashar Matti Warda, archevêque catholique chaldéen d’Erbil (Irak) a également noté que Boko Haram et le terrorisme islamiste « sont un cancer et la façon d’y faire face est de l’éliminer. Nous devons freiner, il faut user de la force pour y mettre fin afin que ne meurent pas plus d’innocents « .

Pour sa part, le père Luis Montes, missionnaire en Irak, a fait valoir qu’une intervention militaire s’effectuerait en tenant compte des intérêts des personnes qui souffrent et non des puissances qui envahissent. « Si cela se fait dans l’ordre, l’intervention militaire est quelque chose d’utile et de nécessaire en ce moment où se produit un génocide, » a-t-il dit « C’est un droit et un devoir d’arrêter un agresseur injuste et parfois il faut le faire par la force, » a-t-il affirmé.Le Père Montes rappelle aussi que nous tous devons faire en sorte que le « véritable génocide que vivent les chrétiens d’Orient » soit connu, en répandant nouvelles et informations par les réseaux sociaux.

Mireille Al Farah a pour sa part déclaré: « Nous célébrons les funérailles de nos martyrs comme des mariages, ce sont des fiancés qui s’unissent au Christ.»

Séparée de sa famille par la guerre et le djihadisme, Mireille Al Farah vit en Espagne sans pouvoir retourner en Syrie depuis le début du mal nommé « printemps arabe ». Au congrès des chrétiens persécutés, elle explique : «A Damas, ceux qui sont parents ne sortent jamais ensemble de la maison, afin d’éviter que leurs enfants ne deviennent orphelins. »  «Quand nous embrassons notre foi, nous la prenons complètement: Dans la persécution, être chrétien est quelque chose qui nous donne de la force. » « Nous manifestions publiquement notre foi, nous vivions sans crainte, et d’un jour à l’autre, nous avons eu cette situation: attentats, enlèvements, viols… Tu restes à la maison et tombe dessus un obus … Les attentats sont quotidiens. Grâce à la technologie GPS, ils savent localiser les quartiers chrétiens et nous sélectionnent comme victimes. J’ai perdu treize personnes, l’une d’elle, mon cousin Shami a été tué par un obus » décrit la jeune chrétienne syrienne. Sur la situation à Damas, elle ajoute: « En période d’examens, les attaques augmentent parce qu’ils ne veulent pas que les gens aillent à la Faculté ou dans les écoles…. Nous sommes de nombreuses heures sans eau, sans électricité ….  » Certains sont contraints de tout abandonner pour fuir face à la persécution, d’autres choisissent de rester: «A une de mes amies dont la famille est entre la Libye et la France, mariée et mère de quatre enfants, on lui a tout offert pour qu’elle parte et qu’elle soit reçue comme réfugiée, mais elle n’a pas voulu partir: «Je suis d’ici, ici, j’ai mes enfants …» a-t-elle ditMa sœur est au Liban, elle a dû fuir sans rien comme 800 autres familles qui ont aussi tout abandonner … « . « Devant cette situation, Que dois-je faire, je reste à la maison et je ne sors pas ?  » Non, les gens ont décidé de continuer à vivre, les chrétiens continuent à remplir les églises .. Mes amis me disent: «Je préfère mourir en prenant le corps de Christ que rester à la maison devant le danger. » Les prêtres nous aident beaucoup pour vivre ce choix; ils nous appuient pour garder espoir ».  Mireille souligne : « lorsque nous embrassons notre foi, nous la prenons complètement, nous savons qu’elle implique d’assumer la persécution, mais nous apprenons à combattre. Je porte toujours la croix. Être chrétien, est quelque chose qui nous donne de la force. Et nos noms même nous identifient comme chrétiens « . Une espérance qui se reflète dans la douleur qui cause mort et persécution « Les funérailles sont pour nous une fête, nous les célébrons comme un mariage, nous les fleurissons de fleurs blanches … Les martyrs sont comme des fiancés qui se donnent au ciel pour rejoindre le Christ  » dit la jeune Syrienne.

Pour alléger les souffrances des chrétiens persécutés en Syrie et en finir avec la terreur souffrance, Mireille propose: «Les jeunes chrétiens syriens demandons deux choses: communication et union à notre prière. D’une part, nous devons insister sur ce qui se passe pour amener une réponse internationale. Mais on ne peut pas tout laisser entre les mains de l’homme, qui sont faillibles, et il doit y avoir une intervention divine pour changer les cœurs. Nous avons donc créé une chaîne de prière pour prier le Rosaire 24 heures/24, de sorte qu’il y a toujours quelqu’un qui prie pour la paix en Syrie. Les prières sont aussi pour que nous puissions pardonner, et pour nos agresseurs. Je suis sûre qu’avec cela, cette situation pourra changer. »

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L’EI met en scène l’exécution de chrétiens éthiopiens en Libye

Le groupe Etat islamique (EI) a publié ce dimanche une vidéo montrant l’exécution d’une trentaine d’hommes, présentés comme des chrétiens éthiopiens, par des jihadistes en Libye.

Cette vidéo de 29 minutes, publiée sur des sites jihadistes, montre un groupe d’au moins 12 hommes égorgés sur une plage et un autre groupe de 16 autres tués par balles dans une zone désertique. Ils sont présentés comme des membres « de l’Eglise éthiopienne ennemie » par la vidéo.

Mi-février, l’EI avait diffusé une vidéo montrant la décapitation de 21 hommes, le plupart des Egyptiens de confession copte, sur une plage, dans une mise en scène semblable.

Les 12 hommes, vêtus de combinaisons oranges, sont amenés sur la plage avant d’être couchés au sol et décapités au couteau. Parallèlement, dans une zone désertique, 16 hommes vêtus de combinaisons noires sont abattus à bout portant.

Un homme habillé en noir s’exprime en anglais alors que les autres bourreaux, un derrière chaque prisonnier, sont intégralement vêtus de treillis militaires et silencieux. Tous sont masqués.

Les images des exécutions concluent la vidéo de 29 minutes.

Auparavant, on peut voir des hommes présentés comme des chrétiens de Syrie expliquer que les djihadistes leur ont donné le choix de se convertir à l’islam ou de payer, et qu’ils ont choisi de donner de l’argent.

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« Grève de la faim » collective et de 100 heures pour commémorer l’extermination des chrétiens assyriens, chaldéens et syriens par la Turquie

Les membres de la communauté syrienne de la ville de Midyat commenceront le 20 avril prochain une grève de la faim collective pour attirer l’attention de l’opinion publique turque et internationale sur l’extermination qui a frappée l’Anatolie en 1915 et touchée non seulement les Arméniens, mais aussi les chrétiens assyriens, chaldéens et syriens. La grève de la faim durera 100 heures, à l’image des 100 ans passés depuis les massacres que les chrétiens syriens rappellent avec l’expression « Seyfo » qui signifie épée en syriaque. Elle finira le 24 avril, coïncidant avec des initiatives prévues dans le monde entier pour commémorer le génocide arménien. Les chrétiens syriens, comme les Arméniens, affirment que le génocide assyro-syrien doit être reconnue par la Turquie.

« La Turquie, a déclaré dans une interview télévisée Youhanna Aktas, président de l’Union assyrienne Mardin, doit faire face à son passé et reconnaître le génocide arménien. » En plus de la grève de la faim, les inspirateurs de l’initiative ont également annoncé une marche pour commémorer le génocide assyrien. Elle se tiendra durant le mois de juin. Avec la définition de «génocide assyrien », on fait référence à la déportation et à l’extermination de chrétiens appartenant à la communauté assyrienne, chaldéenne et syriaque faites en territoire ottoman par le gouvernement des » jeunes Turcs « . La ville de Midyat, d’origine syrienne, a été pendant des siècles le centre d’une enclave chrétienne syriaque dans le sud de la Turquie. Elle est actuellement dans la province de Mardin.

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Chrétiens, réveillez-vous !

Frédéric Saint Clair est mathématicien et économiste de formation. Il a été chargé de Mission auprès du Premier ministre pour la communication politique (2005-2007). Il est aujourd’hui Consultant Free Lance.


La terreur qui s’abat sur les chrétiens d’Orient, ou plutôt sur les chrétiens vivant en Orient, sur cette fraction d’une même communauté chrétienne, cependant citoyenne d’une nation incapable de leur reconnaître le droit à vivre en paix, blesse l’ensemble de la communauté chrétienne. Et pourtant, la question se pose à chacun: «Que puis-je y faire, réellement, concrètement, moi qui habite si loin de là, moi qui n’ai aucune réelle influence sur les évènements?» Cette question, que d’aucun trouverait légitime, revient aujourd’hui à une autre question tout aussi impérieuse: «Qu’est devenu leChristianisme?», ou bien «A quoi sert-il désormais?», ou même: «Qu’est-ce qu’être chrétien?», «Quelle dimension pratique?»

Il y a plus d’un demi-siècle, Simone Weil déplorait que la question religieuse ait été réduite «au choix d’un lieu où aller passer une heure ou deux, le dimanche matin.» Aujourd’hui, elle n’est même plus cela. Car la grasse matinée du dimanche est devenue un plaisir bien supérieur. Ou bien les balades en forêt, les compétitions sportives, les brunchs, le bricolage, les sorties en famille, la plage, les joggings dans les bois, les flâneries en tous genres…

Si d’aventure un chrétien d’Irak, lequel risque sa vie pour faire le choix de la prière à l’église le dimanche matin, pouvait tourner ses yeux vers nous, qu’y verrait-il? L’image d’une communauté décomposée prêchant de bonnes paroles mais incapable de transformer ces paroles en actes? L’image d’une communauté ayant troqué sa foi au profit d’un loisir? Si nous étions nous-mêmes en Orient, menacés, mais priant malgré tout pour obtenir protection et secours, qu’aimerions-nous voir en tournant nos regards vers l’Occident?

Un christianisme pratique, qui a été réduit, par l’incapacité des âges, à un christianisme théorique, déraciné, trouve un écho dans le point de vue de Simone Weil: elle constatait amèrement que les chrétiens «se résignent à être eux-mêmes irréligieux dans toute la partie profane de leur vie…» alors que la fonction propre de la religion «consiste à imprégner de lumière toute la vie profane, publique et privée, sans jamais aucunement la dominer». Les chrétiens se sont retirés de la vie publique, déléguant au politique son entière gestion, se contentant de juger, voire de condamner, alors qu’il leur était demandé d’inspirer, d’initier, d’inciter, de participer. Il est important de noter que Simone Weil, déplorant que la religion ait été dégradée au rang d’affaire privée et réclamant l’action du chrétien, ne renonce pas au principe de laïcité. Lectrice des Evangiles, elle savait que le principe de laïcité avait été inscrit par le Christ lui-même au fondement de sa doctrine: «Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu». Le christianisme se satisfait donc pleinement de la laïcité qui ne constitue pas un obstacle à sa foi ni à ses œuvres ; et le Christ, et les disciples, et Paul, ont montré à quel point il était possible pour un chrétien d’être dans le monde sans pourtant être du monde.

La «lumière» évoquée ici par Simone Weil est celle que le Sermon sur la montagne associe aux chrétiens: «Vous êtes la lumière du monde», et dont le Christ dit que son rôle est de luire devant les hommes. C’est cette lumière, éclairant la pensée, qui ouvre la voie à des solutions pratiques. Mais si les œuvres ont été abandonnées, si la foi s’est éteinte, si les paroles sont devenues de maigres souhaits adressés à un pouvoir politique affaibli et qui confond bien souvent athéisme et laïcité, alors le résultat s’impose et nous accable: les chrétiens d’Occident ont fermé leurs yeux et se sont endormis. Comme l’écrivait François Mauriac dans un article du Figaro de 1934, «il s’agit d’un sommeil cherché, voulu, d’un renoncement collectif à l’esprit.» Ce renoncement à l’esprit est un renoncement à l’être, et il explique l’impuissance des actes. La question s’impose donc, plus impérieuse que jamais: Chrétiens, à quand le réveil? Car pendant que la communauté chrétienne internationale dort, les chrétiens d’Irak meurent. A quand le retour à une foi vivante, à cette prière du juste dont la Bible dit qu’elle a une grande efficace? Il ne s’agit pas d’arborer de grandes croix sur le poitrail, de multiplier les actes de prosélytisme au coin des rues, de scander à tour de bras des slogans agressifs, mais de vivre simplement en chrétiens et de ressusciter les paroles et les œuvres dont le Christ disait qu’elles témoignaient de son unité avec Dieu. Etre chrétien ne nécessite pas d’être proclamé, mais d’être vécu, dans la simplicité ; car par-là l’invisible conviction devient visible. La réinscription de l’Eglise au centre de la vie du chrétien – Eglise, il est important de le rappeler, pour laquelle les chrétiens d’Orient risquent leur vie – c’est-à-dire la participation à la communauté chrétienne, à l’ «ecclésia», qui unifie d’ailleurs les dénominations, catholique, protestante, orthodoxe, etc., sous un même terme, «Christianisme», est le premier pas qui permet ensuite à la lumière d’imprégner «toute la vie profane, publique et privée», et qui incite le chrétien à déborder le cadre du dimanche matin, jamais ne cherchant à dominer la vie publique mais s’y inscrivant et la nourrissant. Et par ces actes répétés, donnant force aux paroles, les chrétiens d’Orient retrouveront l’espoir, car ils ne seront plus seuls. Et par ces actes répétés, témoins d’une foi vivante, la force qui manque cruellement aujourd’hui aux gouvernants, et le courage, et la détermination, seront peut-être rendus.

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