Archives mensuelles : janvier 2016

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Halte à Gleeden sur les bus !

Pétition « Halte à Gleeden sur les bus ! » à l’attention de: Madame La Présidente du STIF, sur Citizen Go

Madame Pécresse,

Vous êtes la nouvelle Présidente de la région Ile de France, portée au pouvoir par une mobilisation massive de citoyensayant souhaité effacer les 17 années précédentes de laxisme et de gabegie.

C’est à ce titre que nous sollicitons votre intervention pour faire arrêter l’actuelle campagne publicitaire de la sociétéGleeden, « premier site de rencontres extraconjugales », visant à promouvoir l’adultère des couples mariés. Une campagne inondant les bus de Paris et de la région parisienne.

En effet, en tant que présidente du STIF, le Syndicat des Transports d’Ile de France, vous avez le pouvoir de contraindre la RATP, et sa filiale MétroBus, à stopper cette campagne indigne et dégradante.

Cette campagne s’oppose aux engagements civils de la RATP avec ses affichages « restons civils sur toute la ligne », puisque de toute évidence, Gleeden appelle à bafouer l’article 212 du code civil : « les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours, assistance ».

Par ailleurs, elle contrevient aux clauses dujury de déontologie publicitaire (JDP) régissant la profession des professionnels de la publicité :

  • Article 1 de l’ICC (Chambre de Commerce Internationale) : « toute communication commerciale doit se conformer aux lois, être décente, loyale et véridique. Toute communication commerciale doit être conçue avec un juste sens de la responsabilité sociale et professionnelle ».
  • Article 2 de l’ICC  : « elle doit proscrire toute déclaration ou tout traitement visuel contraire aux convenances ».
  • Article 4 de l’ICC : « elle doit respecter la dignité humaine. Elle ne doit pas sembler cautionner ou encourager des comportements violents, illicites ou antisociaux ».
  • Règle 1.1 du JDP : « la publicité ne doit pas être susceptible de heurter la sensibilité, choquer ou même provoquer le public en propageant une image de la personne humaine portant atteinte à sa dignité et à la décence ».
  • Règle 2.1 du JDP : « elle ne doit pas présenter favorablement des actes antisociaux ou délictueux ».
  • Règle 2.2 du JDP : « elle ne doit pas légitimer des comportements qui seraient contraires aux règles du savoir-vivre […] ou de respect des autres ».
  • Règle 2.3 du JDP : « elle ne doit pas dévaloriser l’autorité, la responsabilité ou le jugement des parents et des éducateurs ».

Vous avez montré au cours de votre campagne un attachement sans concession à la défense de la famille et nous souhaitons que vous aidiez ces familles à assurer leur responsabilité d’éducation :

  • Vous avez témoigné le 28 novembre, lors de laréunion publique organisée par La Manif pour Tous, de votre engagement envers la famille, comme vous l’aviez fait précédemment àVersailles le dimanche 15 décembre 2013 : « la famille en France, c’est une valeur plus que partout ailleurs ».
  • Vous avez intégré au sein de votre équipe desélus du PCD et de Sens Commun, sensibles aux valeurs de la famille.
  • Enfin, à l’annonce de votre victoire, vous avez immédiatement tenu à remercier votre mari et votre famille : « je voudrais dire à ma famille, mon mari, mes enfants, que j’ai entraîné malgré eux dans cette rude épreuve, que c’est dans leur affection que j’ai puisé toute ma force ».

Il est important de rappeler que l’infidélité est responsable de plus de la moitié des divorces, occasionnant ainsi pour les parents : paupérisation, sentiment d’échec, dépression, isolement social… ; et pour les enfants : troubles caractériels (violence, fugues…), peur d’être abandonné, moindre confiance, dépression, moindre réussite scolaire… (88 % des enfants en ont gardé des séquelles à vie).

De nombreuses personnes se sont jusqu’à présent mobilisées pour manifester leur opposition à ce site qui les heurte au plus profond de leurs valeurs civiques :

  • En février 2015, plus de 170 élus d’Ile-de-France ont fait entendre leur voix dans une tribune du Figaro pour défendre l’article 212 du Code civil : « @ La RATP: La fidélité n’est pas à vendre ! »
  • En septembre 2015, une pétition contre Gleedena réuni près de 24000 signatures
  • Madame Ségolène Royal, Ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie aappuyé cette demande de retrait de la campagne auprès du « président-directeur général de la RATP, en soulignant le sens de cette intervention ».
  • Sur twitter, les questionnements outrés ne se comptent plus : « La RATP traque les resquilleurs (triche) mais laisse #Gleeden faire la pub de l’adultère (triche) sur les bus parisiens. Faudrait savoir. » ; « Je vois bcp de pubs pour @Gleeden un site de rencontre extraconjugale. Rien de plus honteux que de banaliser l’adultère » ; « Ca choque personne le principe de Gleeden ? Jvois y’a des pubs sur les bus et tout c’est chaud qd meme » ; etc.
  • Et paradoxe ultime, le fondateur du site, Ravy Truchot, promeut la fidélité

Cette action de votre part, serait ainsi le symbole du changement radical à la tête de la région : l’apologie du mensonge, de la duplicité et de l’infidélité au sein des couples mariés n’est plus acceptable, tout comme le laxisme vis à la vis de la fraude, l’un de vos combats. En effet, comment promouvoir d’un côté le développement harmonieux de la société qui se construit sur des relations de confiance entre personnes sans combattre de l’autre ce qui la détruit ouvertement ? D’autant plus quand on a les moyens d’agir : ce qui est désormais votre cas.

Certains de votre action en la faveur des couples et des familles, nous vous prions de croire à l’assurance de notre confiante bienveillance.

Salutations,

 

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AVORTEMENT : LE DROIT À L’AVIS

En réaction à la promulgation de la loi Santé, qui a supprimé le délai de réflexion avant l’IVG, plusieurs évêques dénoncent une fuite en avant et refusent que soient opposés dans ce débat le droit des femmes et le droit des enfants.

La tribune : 

Peut-on encore parler de l’avortement aujourd’hui ? Il est suffisamment rare que ce sujet revienne dans le débat public pour ne pas saisir l’occasion de parler de ce « drame existentiel et moral » (pape François). La promulgation de la loi Santé le 27 janvier dernier nous permet de le faire. Il ne s’agit évidemment pas de porter des jugements sur les personnes, encore moins de culpabiliser. Refusant les caricatures, les amalgames et les invectives, nous souhaitons prendre le temps d’expliquer.

Depuis 1975, la loi Veil a consacré la possibilité d’avorter. En 2016, le bilan est dramatique. Alors que le nombre d’avortements reste élevé et constant, trois phénomènes nous permettent de lire en creux un profond malaise social : de moins en moins de médecins acceptent de commettre des avortements ; des plannings familiaux ferment par manque de militants ; des sites Internet proposant des solutions alternatives à l’avortement connaissent un fort succès.

La dernière loi Santé n’est qu’une fuite en avant. La suppression de la notion de « détresse », en 2014, et à présent du délai de réflexion avant de procéder à l’avortement revient à exercer une pression de plus sur les femmes.

Nous regrettons que dans ce débat les premiers acteurs de l’acte d’avortement, les femmes, soient trop peu écoutées, au profit d’un « combat pour les droits des femmes ». On occulte la violence létale vécue par les enfants à naître et la violence physique et psychologique vécue par leur mère lors d’un acte d’avortement.

Pour la loi, l’avortement est un « droit ». Dans les faits, c’est surtout un drame.

C’est le drame des femmes qui vivent un traumatisme : avant d’avorter, elles portaient un bébé, elles portent à présent en elles un fardeau. Beaucoup ont eu le sentiment de ne pas avoir reçu l’aide et le soutien qui leur aurait permis d’accueillir leur enfant, de le bercer, de le caresser.

L’avortement, c’est le drame des enfants éliminés avant de naître. Les nouveau-nés sont des êtres fragiles. Lorsqu’ils viennent à la vie, ils deviennent le trésor d’une famille, le cadeau de Dieu. Leur innocence nous bouleverse.

L’avortement, c’est le drame de la déresponsabilisation des pères. Combien de pères se sont-ils délestés de leur rôle, par indifférence ou sous le poids de la pression de leur entourage ? Il faut aussi souligner le désarroi de certains d’entre eux, autant en « quête » qu’en « perte » d’une identité qu’ils peinent à assumer.

L’avortement, c’est un drame social. Dans notre pays, il est à présent si banalisé qu’il est difficile d’exprimer une opinion divergente. Une mentalité abortive s’est développée, articulée autour du refus de l’autre, de la vie et de la précarité humaine. Cette mentalité introduit le soupçon dans les liens familiaux : mes parents auraient-ils pu m’empêcher de naître ?

La miséricorde portée par le pape François n’est pas sélective, parce qu’elle ne se conçoit pas sans la vérité. « La plaie qu’est l’avortement constitue un attentat contre la vie. Laisser mourir nos frères sur les bateaux dans le canal de Sicile constitue un attentat contre la vie. […] Le terrorisme, la guerre, la violence, mais aussi l’euthanasie, constituent des attentats contre la vie » (pape François, extrait du discours du 30 mai 2015 adressé à l’association Scienza e Vita).

Nous ne voulons pas juger les femmes. Devant le poids de leurs souffrances et la complexité de leurs déchirements intérieurs, nous répondons comme le pape François : « Qui suis-je pour juger ? » Ce sont les drames existentiels que nous accueillons au quotidien.

Nous disons notre refus d’opposer dans ce débat le droit des femmes et le droit des enfants. Comme le pape François nous y invitait encore le 28 janvier dernier, nous devons relever « le défi de contrecarrer la culture du déchet, qui a de nombreuses expressions, parmi lesquelles celle de traiter les embryons humains comme un matériau jetable, de même que les personnes malades et âgées qui se rapprochent de la mort ».

Nous appelons au droit à la vie pour tous. Et au droit à l’avis.

« Ouvrons nos yeux pour voir les misères du monde, les blessures de tant de frères et sœurs privés de dignité, et sentons-nous appelés à entendre leur cri qui appelle à l’aide. […] Que leur cri devienne le nôtre et qu’ensemble, nous puissions briser la barrière d’indifférence qui règne souvent en souveraine pour cacher l’hypocrisie et l’égoïsme » (pape François, extrait de la Bulle d’indiction de l’Année Sainte de la Miséricorde).

Mgr David Macaire, archevêque de Saint-Pierre et Fort de France

Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon

Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron

Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Tarbes et Lourdes

Mgr Olivier de Germay, évêque d’Ajaccio

Mgr Jean-Pierre Cattenoz, archevêque d’Avignon

Mgr Bernard Ginoux, évêque de Montauban

[Tribune signée dans Le Figaro du 30 janvier 2016].

Source : PadreBlog