Archives mensuelles : décembre 2014

veilleurs

L’engagement du chrétien dans son combat prophétique dans la cité des hommes

Veilleur, Sentinelle, Guetteur, Bienveillant…,

J’avais à cœur de vous écrire ces dimensions de l’engagement du chrétien dans son combat prophétique dans la cité des hommes.

Face aux transformations d’une société qui radicalement viole les lois divines et amorce la refondation d’une nouvelles anthropologie païenne, plus que jamais le chrétien est interpellé dans son témoignage.

Je réalise la nécessité pour nous chrétiens de ne pas être entraîné par la spirale de l’idéologie qui en réalité ne s’inscrira jamais dans la relation, la rencontre des autres.

Nous chrétiens, nous ne sommes pas appelés à devenir des idéologues de la foi chrétienne, de la Bible ; nous ne sommes pas plus appelés à nous enfermer dans une doctrine chrétienne ou simplement à partager les préceptes d’une religion.

Non nous sommes appelés à devenir des témoins marqués par la vérité de Christ, habités par la compassion, l’amour de Christ ; nous sommes appelés à incarner la vie de Dieu en nous ; nous sommes appelés à être les témoins de la bienveillance envers notre prochain, je dis bien prochain et non semblable, l’entre-nous !

Nous ne sommes donc pas appelés à devenir des humanistes, à aimer l’autre avec nos seules tripes. C’est un défi impossible et sans aucune sincérité si notre cœur n’est pas transformé par cette alliance faite avec Dieu, par cette conversion humble qui dit à Dieu « sans toi cela m’est impossible« . Impossible de rencontrer l’autre dans sa différence, de l’aimer tel qu’il est, si je ne m’engage dans cette métanoïa, cette circoncisionde mon cœur.

C’est à une véritable métanoïa, un « changement de vue », un « renversement de la pensée » auxquels nous sommes conviés. Dieu dit à chacun d’entre nous de se convertir, de convertir notre vaine manière de penser, de vivre. N’est-il pas Celui qui est au dessus de nos pensées ?

Sans la vie de Dieu en nous, tout ce que nous pourrions porter de juste serait en réalité vain. Le salut n’est pas pour ceux qui se déclarent de Christ, mais le salut est pour ceux qui vivent Christ. Autrement dit, l’important est de naître de nouveau.

Alors voilà pourquoi l’exhortation de Jésus transpirant dans les évangiles est d’abord une invitation à veiller et à prier. Veillez et priez ! L’exhortation de veiller commence d’ailleurs par soi. L’éveilleur ne l’est que lorsque son propre esprit l’est à l’aune de ce que Dieu lui fait entendre ! Il est vain de prétendre d’exhorter les autres, si notre cœur n’est pas circoncis, si nous ne sommes pas un exemple pour les autres. C’est ton engagement qui engagera ton entourage. Autrement dit, c’est de ton engagement que découle la conversion de l’autre. Si ton attitude transpire la grâce, l’amour, la bienveillance de Christ, alors tu seras en capacité à porter du fruit dans ta vie et à partager le message qui touchera le cœur.

L’évangile est un magnifique message, mais c’est aussi un message difficile car il annonce la nécessité impérieuse de se convertir, de changer la nature de notre cœur, de faire un demi tour sur la vaine manière qui a été la nôtre de vivre comme en miroir aux pensées, aux idéologies de ce monde !

Dieu ne nous invite pas à prendre le contre-pied du monde : Il nous invite à rencontrer ce monde, à aller vers le prochain. A aller vers notre prochain, non à aller vers nos semblables, non à aller vers la communauté des semblables comme l’écrit le philosophe personnaliste Emmanuel Mounier, à demeurer ainsi dans l’entre-nous confortable, qui ne nous impose en réalité aucun changement ! C’est bien la rencontre de l’autre dans sa différence qui m’impose de changer mon regard, ma manière de vivre ma relation aux autres. C’est dans la différence que j’apprends d’abord l’écoute, l’attention, le discernement.

Dieu ne t’appelle pas à rester dans ta communauté et à être apprécié d’elle car tu épouserais son conformisme. Non Dieu t’appelle à te mettre en danger, à devenir un témoin, à braver ton confort, à sortir de tes quatre murs, de ta salière pour devenir le sel de la terre.

Soyez le sel de la terre et la lumière de ce monde mais pour le devenir, il faut veiller et prier. Mais que signifie au juste veilleur ?

Le veilleur vient en Hébreu du terme « Shamar » qui signifie celui qui garde, qui est gardien, celui qui regarde, observe, garde le souvenir de la parole : avoir en quelque sorte la garde, surveiller, se protéger, prendre garde, avoir soin de, être chargé de. Mais, aussi en hébreu, « Shamar » signifie obéir. Quand Jésus nous exhorte à veiller, il nous invite donc à cette dimension plurielle d’être gardien, de garder précieusement Ses paroles, d’être un guetteur, une sentinelle également pour le prochain, un lanceur d’alerte ! Car Il revient bientôt et Son avènement est proche. Qu’il vienne à la première veillée, à la deuxième ou troisième, tenons nous prêt !

Eric LEMAÎTRE

Source : EthiqueChrétienne

Joie de lEvangile

La Joie de l’Évangile : paragraphe 16

Propositions et limites de cette Exhortation

16. J’ai accepté avec plaisir l’invitation des Pères synodaux à rédiger la présente Exhortation.19 En le faisant, je recueille la richesse des travaux du Synode. J’ai aussi consulté différentes personnes, et je compte en outre exprimer les préoccupations qui m’habitent en ce moment concret de l’oeuvre évangélisatrice de l’Église. Les thèmes liés à l’évangélisation dans le monde actuel qui pourraient être développés ici sont innombrables. Mais j’ai renoncé à traiter de façon détaillée ces multiples questions qui doivent être l’objet d’étude et d’approfondissement attentif. Je ne crois pas non plus qu’on doive attendre du magistère papal une parole définitive ou complète sur toutes les questions qui concernent l’Église et le monde. Il n’est pas opportun que le Pape remplace les Épiscopats locaux dans le discernement de toutes les problématiques qui se présentent sur leurs territoires. En ce sens, je sens la nécessité de progresser dans une “décentralisation” salutaire.

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Mercredi 31 décembre 2014 : 7e jour dans l’Octave de Noël

Première lettre de saint Jean 2,18-21.
Mes enfants, c’est la dernière heure et, comme vous l’avez appris, un anti-Christ, un adversaire du Christ, doit venir ; or, il y a dès maintenant beaucoup d’anti-Christs ; nous savons ainsi que c’est la dernière heure.
Ils sont sortis de chez nous mais ils n’étaient pas des nôtres ; s’ils avaient été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous. Mais pas un d’entre eux n’est des nôtres, et cela devait être manifesté.
Quant à vous, c’est de celui qui est saint que vous tenez l’onction, et vous avez tous la connaissance.
Je ne vous ai pas écrit que vous ignorez la vérité, mais que vous la connaissez, et que de la vérité ne vient aucun mensonge.

Psaume 96(95),1-2a.11-12a.12b-13ab.
Chantez au Seigneur un chant nouveau,
chantez au Seigneur, terre entière,
chantez au Seigneur et bénissez son nom !

Joie au ciel ! Exulte la terre !
Les masses de la mer mugissent,
la campagne tout entière est en fête.

Les arbres des forêts dansent de joie
devant la face du Seigneur, car il vient,
car il vient pour juger la terre.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 1,1-18.
Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement auprès de Dieu.
C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.
En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ;
la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.
Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean.
Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui.
Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.
Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde.
Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu.
Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.
Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom.
Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu.
Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.
Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. »
Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ;
car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.
Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.

Anti abortion demonstration in The Netherlands

Mgr Reig Pla accuse le Nouvel Ordre mondial de promouvoir l’avortement et l’idéologie du genre

Cette dénonciation de la culture de mort dans son ensemble, et de ceux qui la fomentent et la servent, a paru sur Infocatolica. Mgr Reig Pla est coutumier de la parole claire et de la dénonciation sans compromissions. Il explique pourquoi Rajoy et l’Espagne ont renoncé à revenir même timidement sur le « droit à l’avortement », et pourquoi ils iront toujours plus loin pour promouvoir l’homosexualité et la « culture » LGBT. Je vous propose ici ma traduction de ce texte revigorant.

Il y a quelques jours l’Eglise célébrait la solennité de l’Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, patronne de l’Espagne. Dimanche prochain, en pleine Nativité, nous célébrerons la fête de la Sainte Famille et nous nous souviendrons également de la fête des Saints Innocents. A cette occasion me sont revenus en mémoire les belles paroles du saint pape Jean XXIII à notre patrie en 1960, que je transcrirai par la suite. Ce message du bon pape m’a fait penser à l’énorme multitude d’Espagnols, et des autres fils de nos nations soeurs, qui le 22 novembre dernier élevaient la voix pour demander la fin du grand massacre des enfants innocents à naître qui se produit depuis deux décennies en Espagne et dans le monde. Dans le respect de tous et par amour pour chacun, je crois qu’il est nécessaire, non seulement de décrire la réalité, mais aussi d’analyser les causes de ce qui se produit. Ce sera la seule façon possible de proposer des solutions vraies, et non seulement de poser des pansements pour maîtriser les symptômes d’une pensée débile, qui est comme une maladie et qui rabaisse le niveau éthique général de telle sorte qu’au nom d’un faux concept de tolérance on finisse par persécuter tout ceux qui défendent la vérité sur l’homme et ses conséquences éthiques (cf pape François, 20-6-2014).

L’histoire que raconte la Bible

Le livre de la Genèse (25, 19-34) raconte comment Esaü a vendu son droit d’aînesse pour un plat de lentilles, à son frère jumeau Jacob. L’aînesse entraînait certains droits, et surtout, de la part du père, la transmission d’une bénédiction spéciale et de promesses (GN 28, 13 et ss.). Analogiquement, cette histoire s’est répétée une infinité de fois au long de siècles, tant pour ce qui concerne les personnes que pour les institutions et les nations.

Un fait récent

Récemment le président du gouvernement espagnol et du Partido Popular a retiré la réforme de la loi de l’avortement qui prétendait « limiter » quantitativement l’horrifique saignée des « enfants assassinés avant de naître » (pape François, 25-11-2014), certainement un crime abominable (Concile Vatican II, Gaudium et Spes, 51), un holocauste continu de vies humaines innocentes (saint Jean-Paul II, 29-12-1997). Sur tout cela je me suis déjà exprimé dans un message du 24 septembre dernier : « Appeler les choses par leur nom. Une véritable tâche pour les catholiques. » Mais quels sont les véritables motifs de ce retrait ?

Le plat de lentilles : aujourd’hui un poste au Conseil de Sécurité des Nations unies, mais également l’accès à d’autres sphères de pouvoir et au financement

Pour bien comprendre cette décision du président du gouvernement il ne suffit pas de recourir à des analyses électoralistes. Avec tout le respect dû à sa personne, il faut dire qu’une décision aussi grave répond à d’autres exigences comme nous le montre le document : « Priorités de l’Espagne aux Nations unies. 69e période de sessions de l’Assemblée plénière », un document que l’on peut trouver sur le site web du ministère des Affaires étrangères. Ces « priorités » font partie de ce que le gouvernement de l’Espagne était disposé à faire (il le faisait déjà en parfaite continuité avec les législatures qui l’ont précédé) pour obtenir un place au Conseil de sécurité des Nations unies. La place a été obtenue, aujourd’hui nous savons pourquoi : ils ont fait ce qu’ils viennent de faire et ce qu’ils vont continuer de faire avec entière diligence, tant au niveau national qu’à celui des gouvernements autonomes. Parmi d’autres priorités qui méritent d’être notées, je veux mettre en exergue deux de celles mentionnées dans ce document :

  1. a) « Nous continuerons de promouvoir la pleine jouissance et l’exercice des droits de la part des filles et des femmes dans des conditions d’égalité et de non discrimination à raison du genre, y compris les droits de santé sexuelle et reproductive… »
  2. b) « Nous continuerons de promouvoir la pleine jouissance et l’exercice des droits de la part des personnes gays, lesbiennes, bisexuelles, transexuelles et intersexuelles (LGBTI) et l’élimination de toutes les formes de discrimination… »

En mettant toujours l’amour à la première place, ainsi que le respect et l’appréciation de toutes les personnes, quelle que soit leur condition, il est nécessaire de démasquer les idéologies qui trompent en manipulant le langage.

  1. a) Naturellement nous condamnons avec une entière fermeté, n’importe quel type de violence contre des filles et des femmes ainsi que toute discrimination injuste, mais que signifie en réalité « la pleine jouissance et l’exercice des droits de la part des filles et des femmes, et en particulier les droits de la santé sexuelle et reproductive » ? La réponse est celle-ci : promotion de la contraception chez les filles, stérilisation, avortement libre, chimique et chirurgical (en Espagne on compte déjà des millions d’enfants avortés) ; la manipulation des embryons et la reproduction assistée, véritable péché contre le Créateur ‘(pape Francois 15-11-2014) ; promotion de la masturbation, avec des programmes qui visent même les enfants de 0 à 4 ans ; la stérilisation par autorisation judiciaire des personnes déficientes mentale ; enlever aux parents de mineurs l’autorité parentale pour tout ce qui concerne la sexualité de leurs filles ; éducation sexuelle obligatoire (théorie et pratique), des mineurs, de la part de l’Etat et selon la perspective de l’idéologie de genre, y compris contre la volonté expresse des parents ; diminuer l’âge légal du consentement aux relations sexuelles (en Espagne l’âge légal du consentement est déjà aller de 13 ans), ouverture à la sexualité inter-générationnelle, et cetera. On peut trouver une bonne part de tout cela dans les Standards de l’éducation sexuelle pour l’Europe préparés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avec l’assistance de la Fédération Internationale du planning familial et de l’Association mondiale pour la santé sexuelle (World Association for Sexual Health, WAS), tout comme dans des publications liée à tous les lobbies impliqués.

A tout cela qui est imposé par l’impérialisme transnational de l’argent, sous l’apparence d’organismes internationaux publics et privés, il faut désormais ajouter deux choses supplémentaires. 1. Le gouvernement de l’Espagne a annoncé qu’il va reconnaître un droit d’inscription au registre civil des enfants d’Espagnols né moyennant une gestation pour autrui (mère porteuse) à l’étranger. Il ne s’agit ni plus ni moins que de donner un cadre légal à la « traite » de femmes étrangères, avec lesquelles on fait du commerce comme si c’était du cheptel, y compris en pratiquant la stabulation, pendant la grossesse, dans des « granges » à cet effet. Soyons clairs : cette pratique abominable n’est rien d’autre qu’une nouvelle forme d’esclavage. 2 Il semble que le gouvernement espagnol veuille changer la loi pour exiger le consentement paternel pour les mineurs qui veulent avorter. Que l’Etat respecte l’autorité parentale des parents par rapport à leur enfant est toujours un bien. Cela dit, avec le consentement paternel ou sans lui, l’avortement est toujours un crime abominable, qui en outre détruit la mère et tout ceux qui y participent. Notez bien cependant : l’imperium ne cède jamais : en suivant les critères des Standards de l’éducation sexuelle pour l’Europe, des expertes des Nations unies contre la discrimination de la femme se sont déplacées en Espagne pendant 10 jours pour recommander expressément au gouvernement espagnol que les mineurs de 16 et 17 ans puissent continuer d’avorter sans le consentement de leurs parents. Encore des pressions : on ne va pas permettre ne serait-ce qu’un minuscule pas en arrière.  L’Espagne, comme une bonne partie du monde, n’est plus qu’une colonie au service du Nouvel Ordre mondial, où l’on réduit en esclavage les jeunes et des femmes, tandis que nous sommes toujours ballottés et drogués par beaucoup de cirque, et chaque fois moins de pain.

b). Là encore nous condamnons avec beaucoup de force tous les types de violence envers les personnes et toute discrimination injuste ; avec l’Eglise entière nous voulons continuer d’apporter une aide à tous, avec de véritables entrailles de miséricorde, sans juger les personnes (cf. pape Francois 28-7-2013). Mais que signifie en réalité « la pleine jouissance et l’exercice des droits de la part des personnes gays, lesbiennes, bisexuelles, transexuelles et intersexuelles (LGBTI) et l’élimination de toute forme de discrimination » ? La réponse est celle-ci : promotion universelle de ce qu’on appelle l’idéologie du genre et des théorie queer, tout comme une interprétation particulière du concept d’autonomie LGBTIQ, des droits sexuels des mineurs qu’on appelle LGBTIQ, tels que les définissent le Planning familial et la WAS ; le droit dès 0 ans d’« explorer » l’identité sexuelle, droit des 4 ans de recevoir une information sur les « relations de même sexe » ; droit des mineurs à leur propre orientation de genre LGBTIQ ; dans le cas des mineurs qui désirent changer de sexe (DCS),  droit d’obtenir le plus tôt possible des hormones du sexe opposé, et dans ce cas le droit compris pour les mineurs à la chirurgie de réassignation sexuelle ; le mariage entre personnes du même sexe, le droit des couples de même sexe d’adopter des enfants, là dépathologisation par la loi de ce qu’on appelle la transsexualité, avec la promotion de nouvelles lois de non discrimination et de reconnaissance de droit aux personnes qui ont le désir de changer de sexe ; droit à la non discrimination et à l’égalité de traitement qui implique de mettre hors-la-loi tous ceux qui comme l’Eglise affirment que l’inclinaison particulière d’une personne qui éprouve une attraction sexuelle à l’égard du même sexe doive être considérés comme objectivement désordonnée (Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Lettre sur le soin pastoral à apporter aux personnes homosexuelles) ou que les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés (Catéchisme de l’Église catholique numéro 2.357) ; empêcher, voir pénaliser par la loi que les professionnels de la psychiatrie ou de la psychologie puissent aider des personnes qui ont une attraction sexuelle à l’égard du même sexe ou un désir de changement de sexe, et qui demandent cette aide librement ; enlever aux parents l’autorité parentale sur les mineurs pour tout ce qui concerne la sexualité de leurs enfants ayant une attraction homosexuelle ou un désir de changement de sexe ; l’éducation sexuelle obligatoire (théorie et pratique) pour les mineurs, selon les critères LGBTIQ, y compris contre la volonté expresse de parents ; réduire l’âge légal du consentement pour avoir des relations sexuelles entre personnes du même sexe (en Espagne là aussi l’âge légal du consentement est déjà fixé à 13 ans) ; imposer par la loi, aux entreprises et aux institutions, l’embauche d’un pourcentage de travailleurs LGBTIQ ; inversion de la charge de la preuve lorsque ces personnes dénoncent de présumées discriminations, promotion de la sexualité intergénérationnelle LGBTIQ, et cetera. Une bonne part de tout cela peut se trouver dans lesStandards d’éducation sexuelle pour l’Europe déjà cité, et dans des publications liées au lobby impliqué. En tout cas il faut avertir qu’une fois gagnée la bataille du mal nommé mariage civil entre les personnes de même sexe et la possibilité d’adoption, la grande offensive en ce moment comment on peut le voir dans médias tourne autour du désir de changer de sexe : la mal nommée dysphorie de genre, la transsexualité, particulièrement de l’enfance. Ce qui viendra ensuite, c’est la pénalisation des parents, des confessions religieuses et de tout ce qui s’oppose au programme prévu pour promouvoir ces soi-disant droits sexuels LGBTIQ.

Découvrir ce que cachent les paroles à travers, comme nous l’avons dit, la manipulation du language n’est en rien une condamnation des personnes, il s’agit au contraire d’exposer avec clarté ce qui porte atteinte à l’anthropologie chrétienne que le pape saint Jean-Paul II appelait l’anthropologie adéquate. En définitive ce que l’on prétend faire avec ces dispositions, est une mutation anthropologique, ou – c’est la même chose – la construction, dont les racines plongent dans l’idéologie du genre et ses dérivés

Le droit d’aînesse vendu

Avec le document Priorités de l’Espagne aux Nations Unies, 69ème période de session de l’Assemblée plénière que nous sommes en train de commenter, se confirmer une fois de plus ce que nous savions tous : nous nous sommes convertis en serviteurs des institutions internationales pour la promotion de ce qu’on appelle la gouvernance globale ou Nouvel Ordre mondial au service de l’impérialisme transnational de l’argent, qui a forcément fait pression pour que l’Espagne ne soit jamais un exemple pour l’Amérique latine et pour l’Europe pour ce qu’il considère comme une « régression » inadmissible en matière d’avortement est pour ce qu’on appelle les droits LGBTIQ.

Nous sommes en train de vendre pour un « plat de lentilles », le projet de Dieu pour ses enfants. a)  L’amour et le respect de toute vie humaine ; b) la beauté de l’égale dignité mais aussi de la différence entre l’homme et la femme ; c) la beauté de la famille fondée sur le mariage d’un seul homme et une seule femme. Cela ne se produit pas seulement en Espagne, il s’agit d’un humiliante vassalisation globale devant le pouvoir de l’argent. Et c’est pour cela que récemment, le 25-11-2014, le pape François avertissait : « Maintenir vive la réalité des démocraties est une tâche en ce moment historique pour éviter que la force réelle – la force politique qui est l’expression des peuples – soit déplacée sous l’effet des pressions d’intérêts multinationaux mais non universels, qu’il est rendent plus faibles et les transforme en système uniformisé du pouvoir financier au service de puissances inconnues. C’est une tâche qu’aujourd’hui l’histoire nous offre. »

« La mort de Dieu dans le cœur et dans la vie des hommes est la mort de l’homme », Saint Jean-Paul II, 11-5-1980) : la pire des corruptions

Si tuer un enfant innocent devient par le jeu de la « loi » un droit, toute corruption ou iniquité devient possible aussi bien dans la sphère publique que dans la sphère privée. Mais attention ! Pour pouvoir tuer un frère il faut auparavant tuer Dieu le Père, ou le vendre. Nous avons fait les deux. Nous pourrions dire tellement de choses là-dessus ! Que personne ne s’étonne donc de la situation où se trouve prostrée l’Espagne et une bonne partie du monde. Ni les actuels partis majoritaires, ni les nouveaux de tendance marxiste qui semblent émerger avec beaucoup de force, ne respectent intégralement la dignité de la vie humaine du mariage et de la famille. La véritable réponse à cette situation passe par la régénération morale de notre part, qui sera le fruit d’une nouvelle évangélisation : proposer le Christ avec amour et vérité, puisque le mystère de l’homme ne s’éclaircit que dans le mystère du Verbe Incarné (Concile Vatican 2, Gaudium et Spes22). Il est urgent de promouvoir la croissance de chrétiens authentiques et de familles catholiques (l’Initiation chrétienne d’adultes selon le modèle du catéchuménat baptismal) capables d’impulser une culture qui soit respectueuse de la vie, du mariage et de la famille. Il est nécessaire aussi de promouvoir une authentique éducation affective et sexuelle des enfants, des adolescents et des jeunes, comme vocation à l’amour et au don de soi. Dans la Théologie du corps du pape saint Jean-Paul II nous trouvons les clefs pour apprendre à aimer et développer une authentique écologie humaine. Comme le répétait le pape Benoît XVI, la permanence de la civilisation chrétienne passe par la promotion de minorité créative capable de régénérer la société. L’instrument est la Doctrinse sociale de l’Église qui doit inspirer la présence de catholique dans les différentes institutions sociales et dans le domaine de la politique. Comme le disait le bienheureux Paul VI, la politique est une haute forme de charité, d’où l’importance de se souvenir de l’antique adage : Corruptio optimi, pessima (la corruption des meilleurs est la pire) : c’est que « la misère la plus dangereuse, cause de toutes les autres, est l’éloignement de Dieu, la présomption de pouvoir se passer de lui » (pape Francois 20-12-2014).

Personne ne doit douter que nous sommes dans une situation d’urgence politique. Cette situation réclame aux laïcs catholiques qu’ils sachent s’organiser pour offrir une réponse lucide dans le domaine culturel, dans les moyens de communication, et dans la politique. Ne pas le faire en ce moment équivaut à un véritable péché par omission.

Il y a une espérance

Ce ne sont pas seulement des personnes mais aussi les nations qui sont appelées par Dieu à l’accomplissement d’une mission, une mission à laquelle on peut répondre ou non. L’Espagne aussi a eu, et elle a encore sa mission. N’y renonçons pas, ni à la bénédiction de Dieu notre Père, pour un plat de lentilles. Écoutons les belles paroles par lesquelles nous exhortait le cher pape saint Jean XXIII, et avec la grâce de Dieu rendons-les effectives :

« Nous sommes heureux que l’Espagne qui a porté la foi à tant de nations veuille aujourd’hui continuer le travail pour que l’Évangile éclaire les chemins qui marquent la route actuelle de la vie, et pour que la lignée hispanique, qui s’enorgueillit à juste titre d’être un berceau de la civilisation chrétienne et un phare de l’expansion missionnaire, continue et dépasse même de telles gloires, en étant fidèle aux exigences de l’heure présente dans la diffusion et la réalisation d’un message social du christianisme sans les principes et la doctrine duquel se fissure facilement l’édifice de la coexistence entre les hommes.

« Que Nos fils très aimés d’Espagne aient toujours levée leur regard vers les objectifs élevés, avec le grand esprit qui les caractérise, sûrs de ce que l’obéissance à la Loi de Dieu attirera la protection de la Providence, qui dans le tissu de tout labeur historique guide les individus et les peuples, dociles à la voix du Roi des cieux et de la terre, in viam prosperitatis et pacis (sur le chemin de la prospérité et de la paix). » (Saint Jean XXIII, Message au cardinal Gaetano Cicognani, 5-6-1960). [NDLR Merci au site benoit-et-moi pour la traduction.]

Seule la naissance de Jésus que nous célébrons donne à chaque personne sa dignité inaliénable et la renforce par son alliance d’amour pour qu’aucun ne soit perdu, spécialement parmi les plus petits, les pauvres et ceux qui souffrent. À l’inverse, toutes les idéologies mettent les personnes au service de l’homme de ses ambitions, toujours liées au pouvoir et à l’argent, elles le font selon les cas, au nom du peuple, du prolétariat, de la soi-disant société du bien-être, ou de ce qu’on appelle l’intérêt général. Elles ont oublié misérablement que la fin de la société est le bien commun, qui passe nécessairement par l’attention et le soin à l’égard de chaque personne, et pour le développement et l’éducation de chaque personne pour la rendre capables de son véritable destin, de notre véritable destin : Dieu révélé comme Amour.

Un grand combat

En tout cas il faut insister sur le fait que ceux qui rendent un culte à Moloch et à Mammon – la culture de la mort et l’idolâtrie de l’argent – vont toujours main dans la main avec le Maître de ce monde et le servent.

C’est pour cela que notre combat, comme nous le rappelle l’apôtre Paul, « n’est pas contre la chair et le sang, mais contre les principautés et les puissances, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres » (Eph. 6, 12). C’est pour cela qu’il est nécessaire, comme nous y exhortait le même apôtre, de nous revêtir des armes de Dieu : « Tenez donc ferme, ayant vos reins ceints de la vérité, revêtus de la cuirasse de la justice, les pieds chaussés de zèle pour l’Evangile de la paix, prenant par-dessus tout le bouclier de la foi, au moyen duquel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin » (Eph, 6, 14-16). Nous catholiques, en ce moment nous sommes devant une véritable croisée des chemins, et il est nécessaire de nous demander qui nous sommes disposés à servir : ou bien les dieux et leur messagers de cette nouvelle religion laïque, ou le Dieu véritable. Comme aux temps de Josué notre réponse ne peut-être autre que celle-ci : « Moi-même et ma maison, nous servirons le Seigneur » (Jos. 24,15).

+ Juan Antonio Reig Pla

Evêque d’Alcala de Henares

Source : Le blog de Jeanne Smits

Joie de lEvangile

La Joie de l’Évangile : paragraphe 15

15. Jean-Paul II nous a invité à reconnaître qu’il « est nécessaire de rester tendus vers l’annonce » à ceux qui sont éloignés du Christ, « car telle est la tâche première de l’Église ». L’activité missionnaire « représente, aujourd’hui encore, le plus grand des défis pour l’Église » et « la cause missionnaire doit avoir la première place ». Que se passerait-il si nous prenions réellement au sérieux ces paroles ? Nous reconnaîtrions simplement que l’action missionnaire est le paradigme de toute tâche de l’Église. Dans cette ligne, les évêques latino-américains ont affirmé que « nous ne pouvons plus rester impassibles, dans une attente passive, à l’intérieur de nos églises », et qu’il est nécessaire de passer « d’une pastorale de simple conservation à une pastorale vraiment missionnaire ». Cette tâche continue d’être la source des plus grandes joies pour l’Église : « Il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour quatre-vingt-dix-neuf justes, qui n’ont pas besoin de repentir » (Lc 15, 7).

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Mardi 30 décembre 2014 : 6e jour dans l’Octave de Noël

Première lettre de saint Jean 2,12-17.
Je vous l’écris, petits enfants : Vos péchés vous sont remis à cause du nom de Jésus.
Je vous l’écris, parents : Vous connaissez celui qui existe depuis le commencement. Je vous l’écris, jeunes gens : Vous avez vaincu le Mauvais.
Je vous l’ai écrit, enfants : Vous connaissez le Père. Je vous l’ai écrit, parents : Vous connaissez celui qui existe depuis le commencement. Je vous l’ai écrit, jeunes gens : Vous êtes forts, la parole de Dieu demeure en vous, vous avez vaincu le Mauvais.
N’aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui.
Tout ce qu’il y a dans le monde – la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, l’arrogance de la richesse –, tout cela ne vient pas du Père, mais du monde.
Or, le monde passe, et sa convoitise avec lui. Mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure pour toujours.

Psaume 96(95),7-8a.8b-9.10.
Rendez au Seigneur, familles des peuples,
rendez au Seigneur la gloire et la puissance,
rendez au Seigneur la gloire de son nom.

Apportez votre offrande, entrez dans ses parvis,
adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté :
tremblez devant lui, terre entière.

Allez dire aux nations : « Le Seigneur est roi ! »
Le monde, inébranlable, tient bon.
Il gouverne les peuples avec droiture.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2,36-40.
En ce temps-là, quand les parents de Jésus vinrent le présenter au Temple, il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage, demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.
Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.
L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

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Pierre Simon, co-fondateur du planning familial et de l’ADMD

En ces temps où le législateur supprime la notion de détresse dans la loi sur l’IVG de 1975, il peut être pertinent de réfléchir aux origines de cette loi.

En effet, on présente souvent la loi Veil, dans le texte de 1975, comme une loi dépénalisant l’avortement dans le but d’éviter que les femmes en détresse n’aient recours aux faiseuses d’anges et autres avortoirs clandestins. Ce n’est pas faux, car le compromis qui a permis le vote du texte s’est construit sur cette notion. Mais il est bon de se pencher vers les écrits de ceux qui ont été la cheville ouvrière de cette loi. Or, une personnalité apparaît comme essentielle : le docteur Pierre Simon, médecin gynécologue très brillant, qui a fondé le mouvement français du Planning familial en 1960 et co-fondé l’association pour le droit de mourir dans la dignité en 1980. Engagé en politique au Parti Radical Valoisien 1, il a été membre de nombreux cabinets ministériels, dont celui de Simone Veil en 1975.

Pierre Simon relate son histoire dans son livre autobiographique “De la vie avant toute chose” publiée chez Mazarine en 1979.

Pierre Simon dans le texte

C’est ce livre que nous allons découvrir maintenant. Ce document est très intéressant car il nous éclaire sur les convictions et la démarche de son auteur. Mieux, il nous présente sa conception de la vie et ce qui a motivé ses travaux politiques pour la légalisation de la contraception, de l’avortement et de l’euthanasie. Et, surprise, nous voyons que la lutte contre les avortements clandestins n’est pas le seul argument qu’il avance pour justifier la loi sur l’IVG. Pierre Simon mentionne aussi… la lutte contre la prolifération des “tares génétiques”. Autrement dit l’eugénisme.

“De fait, longtemps, et dans les pays latins plus qu’ailleurs, la vie fut un don de Dieu dont elle procédait. La médecine officielle en arrivait à confondre déontologie et théologie, comme en France, où l’Ordre des médecins sert de porte-voix à l’Église. Un respect “absolu” -ou plutôt aveugle- de la vie se retourne contre lui-même et, ruiné par les moyens qu’il emploie, dévore ce qu’il entend préserver : la qualité de la vie, l’avenir de l’espèce. La prolifération des tares héréditaires et les avortements clandestins sont les fruits amers de ce fétichisme.” 2

Le raisonnement de Pierre Simon s’appuie sur une anthropologie originale, une conception de la vie entièrement nouvelle. Selon lui, la vie n’est pas quelque chose de reçu par une entité supérieure (Dieu ou la Nature), elle n’existe pas par elle-même… Son “concept de vie” est que celle-ci est un “matériau” dont les hommes ont la charge. Et quand il dit “les hommes” il entend par là la “société” au sens de corps social, de collectif.

“La vie est ce que les vivants en font : la culture la détermine. Sa trame n’est autre que le réseau des relations humaines. Le fil des jours la tisse. La culture n’est donc pas ce qui s’ajoute à la vie : le concept de vie mûrit en elle. Ainsi -mais ce n’est qu’un exemple- la façon dont les sociétés successives, à l’échelle de l’histoire, abordent des affaires aussi graves que l’avortement, suffit à rappeler la prééminence de la société sur l’individu. Ce n’est pas la mère seule, c’est la collectivité toute entière qui porte l’enfant en son sein. C’est elle qui décide s’il doit être engendré, s’il doit vivre ou mourir, quel est son rôle et son devenir.” 2

Et il précise :

“Cette vie qui nous vint si longtemps d’un souffle de Dieu posé sur notre argile, c’est comme un matériau qu’il faut la considérer désormais. Loin de l’idolâtrer, il faut la gérer comme un patrimoine que nous avons longuement, patiemment, rassemblé, un héritage venu du fond des millénaires, dont nous avons, un instant, la garde. Telle est à mes yeux la seule façon d’aimer vraiment la vie et de la partager avec les hommes, mes frères. Une richesse, cette vie, confiée à la garde de l’espèce, comme les forêts, les océans, les rivières, mais avec ceci de singulier que chacun d’entre nous en est le véhicule : cette charge de vie a son corollaire ; veiller à ce que le matériau ne se dégrade pas. Ce serait nous dégrader nous-mêmes et ruiner l’espèce.” 3

Veiller à ce que le “matériau” ne se dégrade pas afin de ne pas ruiner l’espèce… Pour y parvenir, il faut donc éviter la “prolifération des tares héréditaires”, comme il le dit. Mais comment ? Pierre Simon est le défenseur du contrôle des naissances, afin de maîtriser pleinement la vie. Selon lui, le contrôle de naissance comprend, en un seul paquet, l’éducation sexuelle dès l’école, la contraception, l’avortement, l’insémination artificielle 4, et la fin de la perception négative de l’avortement (qui selon lui culpabilise les femmes). Bref il appelle à poursuivre le changement de société initié par le progrès technique et la “pilule”. La conséquence du contrôle des naissances est donc une maîtrise totale du vivant qui permet une hausse de la qualité de vie, sans personnes handicapées, sans maladies génétiques et avec une sexualité totalement libérée et coupée de la procréation. Et bien sûr, le bébé viendrait au bon moment, c’est-à-dire dès qu’il est désiré.

“La contraception a donc un triple rôle à jouer. En premier lieu, la préservation du patrimoine génétique, propriété de tous les humains, Français, Européens, ou citoyens du monde, et dont nous sommes comptables pour le présent, responsables pour l’avenir. Bloquer la transmission des tares héréditaires transmissibles connues, c’est un devoir d’espèce. Le second rôle est la gestion qualitative de la vie ; la santé est devenue propriété collective. Nous cotisons à la Sécurité sociale pour la qualité de la vie et la santé de la collectivité. Chacun est solidaire de tous. Le troisième rôle de la contraception est la modulation du nouveau schéma de la famille.” 5

Mais ce “Meilleur des mondes” 6 est au prix de la mort des foetus et des nourrissons handicapés dont le caractère humain est nié :

“Bien accoucher, c’était un progrès ; mettre au monde des enfants non handicapés, c’est cela donner la vie.” 7

Il a ces propos très inquiétants : sa négation de la qualité d’être humain du bébé handicapé va jusqu’à le pousser à justifier l’infanticide, qu’il nomme “euthanasie” du nourrisson.

“Si les manipulations de la molécule d’A.D.N. et l’insémination peuvent concourir à un résultat bénéfique pour la société, et pourront permettre entre autres l’élimination systématique des défauts congénitaux, quelle peut être notre attitude en face d’un désastre de la nature au moment de son irruption dans la vie ? J’ai participé à nombre de colloques sur le choix de l’heure de la mort mais, qui dispose du choix de laisser entamer un processus vital à un être lourdement handicapé au départ ?

Quand on fait profession d’accoucher les femmes, d’être ainsi aux sources mêmes de l’aventure humaine, c’est un moment de dramatique interrogation que celui où l’on a saisi dans ses mains le fruit erroné d’une conception qui respire cependant et dont le coeur bat. Qu’est-ce alors gérer la vie, ces mots ont-ils encore un sens ?” 8

Il poursuit son questionnement sur le fait de laisser vivre un bébé handicapé :

“Tout comme l’avortement, c’est vers la définition de la vie, évoquée au début de cet ouvrage, qu’il faut se tourner. Cette définition repose en définitive, sur la possibilité de faire franchir les limites du monde primitif au biologique pour parvenir au plein épanouissement de ses possibilités. Regardons les choses en face : un mongolien entre-t-il dans ce cadre ? ” 8

Question qui fait froid dans le dos : sa définition de la vie le pousse à s’interroger sur la nature d’être pleinement vivant d’un trisomique.

Suite

Charles Vaugirard

Source : cahiers libres

Joie de lEvangile

La Joie de l’Évangile : paragraphe 14

III – La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi

14. À l’écoute de l’Esprit, qui nous aide à reconnaître, communautairement, les signes des temps, du 7 au 28 octobre 2012, a été célébrée la XIIIème Assemblée générale ordinaire du Synode des Évêques sur le thème La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne. On y a rappelé que la nouvelle évangélisation appelle chacun et se réalise fondamentalement dans trois domaines. En premier lieu, mentionnons le domaine de la pastorale ordinaire, « animée par le feu de l’Esprit, pour embraser les cœurs des fidèles qui fréquentent régulièrement la Communauté et qui se rassemblent le jour du Seigneur pour se nourrir de sa Parole et du Pain de la vie éternelle ». Il faut aussi inclure dans ce domaine les fidèles qui conservent une foi catholique intense et sincère, en l’exprimant de diverses manières, bien qu’ils ne participent pas fréquemment au culte. Cette pastorale s’oriente vers la croissance des croyants, de telle sorte qu’ils répondent toujours mieux et par toute leur vie à l’amour de Dieu. En second lieu, rappelons le domaine des « personnes baptisées qui pourtant ne vivent pas les exigences du baptême », qui n’ont pas une appartenance du cœur à l’Église et ne font plus l’expérience de la consolation de la foi. L’Église, en mère toujours attentive, s’engage pour qu’elles vivent une conversion qui leur restitue la joie de la foi et le désir de s’engager avec l’Évangile.

Enfin, remarquons que l’évangélisation est essentiellement liée à la proclamation de l’Évangile à ceux qui ne connaissent pas Jésus Christ ou l’ont toujours refusé. Beaucoup d’entre eux cherchent Dieu secrètement, poussés par la nostalgie de son visage, même dans les pays d’ancienne tradition chrétienne. Tous ont le droit de recevoir l’Évangile. Les chrétiens ont le devoir de l’annoncer sans exclure personne, non pas comme quelqu’un qui impose un nouveau devoir, mais bien comme quelqu’un qui partage une joie, qui indique un bel horizon, qui offre un banquet désirable. L’Église ne grandit pas par prosélytisme mais « par attraction ».

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Lundi 29 décembre 2014 : 5e jour dans l’Octave de Noël

Première lettre de saint Jean 2,3-11.
Bien-aimés, voici comment nous savons que nous le connaissons : si nous gardons ses commandements.
Celui qui dit : « Je le connais », et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur : la vérité n’est pas en lui.
Mais en celui qui garde sa parole, l’amour de Dieu atteint vraiment la perfection : voilà comment nous savons que nous sommes en lui.
Celui qui déclare demeurer en lui doit, lui aussi, marcher comme Jésus lui-même a marché.
Bien-aimés, ce n’est pas un commandement nouveau que je vous écris, mais un commandement ancien que vous aviez depuis le commencement. La parole que vous avez entendue, c’est le commandement ancien.
Et pourtant, c’est un commandement nouveau que je vous écris ; ce qui est vrai en cette parole l’est aussi en vous ; en effet, les ténèbres passent et déjà brille la vraie lumière.
Celui qui déclare être dans la lumière et qui a de la haine contre son frère est dans les ténèbres jusqu’à maintenant.
Celui qui aime son frère demeure dans la lumière, et il n’y a en lui aucune occasion de chute.
Mais celui qui a de la haine contre son frère est dans les ténèbres : il marche dans les ténèbres sans savoir où il va, parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux.

Psaume 96(95),1-2a.2b-3.5b-6.
Chantez au Seigneur un chant nouveau,
chantez au Seigneur, terre entière,
chantez au Seigneur et bénissez son nom !

De jour en jour, proclamez son salut,
racontez à tous les peuples sa gloire,
à toutes les nations ses merveilles !

Lui, le Seigneur, a fait les cieux :
devant lui, splendeur et majesté,
dans son sanctuaire, puissance et beauté.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2,22-35.
Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur,
selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur.
Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.
Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui.
Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.
Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait,
Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :
« Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »
Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui.
Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction
– et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »

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Anne Brassié : « La raison d’être de la virilité est la protection de la femme, de l’enfant et de la Nation »

Corsaire : Anne Brassié, bonjour ! Pourriez-vous vous présenter brièvement à nos lecteurs ?

Anne Brassié : Ancien professeur, journaliste littéraire, puis biographe, j’anime depuis 27 ans une émission hebdomadaire sur Radio Courtoisie, et depuis peu une émission culturelle, Perles de culture sur TV Libertés.
Stéphanie Bignon est ingénieur spécialisée en intervention sous-marine et agricultrice.

Corsaire : Vous avez récemment publié un ouvrage, avec Stéphanie Bignon, intitulé Cessez de nous libérer !
Quelle est cette « libération » qui vous déplait tant ?

Anne Brassié : C’est le mensonge flagrant de cette « libération » qui nous a incitées à écrire ce livre. On force les femmes à sortir de chez elles et à travailler pour un salaire. L’État veut leur prendre leurs enfants… Comme si le travail des femmes à la maison n’était pas titanesque, et je pèse mes mots, et comme si ce travail des femmes n’était pas essentiel à la société.

Corsaire : In fine, vous défendez l’ordre naturel des choses – c’est-à-dire la Création – face au matérialisme ambiant et à la négation du réel. Peut-on dater ce(s) phénomène(s) ? Qui en est responsable et à qui profite le crime ?

Anne Brassié : Depuis 1789 les révolutionnaires veulent appliquer leur idéologie égalitaire, collectiviste et athée.
Mais il y a aussi le monde capitaliste pour lequel vous n’avez d’existence et de valeur que si vous rapportez de l’argent aux caisses de l’état et aux entreprises ! Tout cela est un peu court…et va dans le mur, ce qui est rassurant !
Au XXe siècle sont nés des mouvements malthusiens et franc-maçons aux États-Unis et en Europe. Sous couvert de féminisme il fallait libérer la femme de la procréation, faciliter l’avortement, diminuer les populations. Les deux buts étant d’élever le niveau de consommation des peuples et de favoriser la licence totale des mœurs.
L’un des directeurs du Planning familial, grand maître de la Grande Loge de France , Pierre Simon, a tranquillement écrit : »La modification politique et sociale doit se faire autour de nos pulsions et pour leur satisfaction… La sexualité sera rédemptrice de l’homme dans le concert universel retrouvé. Il faut réapprendre la tolérance active. Alors au delà de la morale, en route pour la fête. »
Nous pensons que sans enfants la fête sera triste !
Les organismes internationaux jouent aussi leur partition et imposent à tous les pays du monde leur terrible loi. L’ONU s’attaque directement à l’Église catholique, dernier rempart d’une société normale dans laquelle il fait bon vivre.
A qui profite le crime ? A ceux dont l’horizon ultime est le lit.

Corsaire : Vous expliquez dans votre ouvrage : « Au siècle dernier, on a expulsé Dieu de la sphère publique pour l’enfermer dans la sphère privée, et l’on sort la femme du foyer… Pour la jeter dans la sphère publique. » Est-ce à dire que le chemin le plus droit pour retrouver une féminité authentique passe par un retour visible du pays au culte catholique ?

Anne Brassié : Bien sûr. On le voit tous les matins aux décisions du parlement.
Sans référence aux lois divines on vote n’importe quoi. Nous avons eu l’avortement légalisé, nous allons avoir l’euthanasie, car c’est le stade ultime du capitalisme, comme dit avec humour Jean Claude Martinez.
Comme les personnes dans le coma, les personnes âgées coûtent cher, il faut économiser donc les éliminer… Nous allons avoir la théorie du genre imposée à chacun par une propagande éhontée.

Corsaire : Si vous deviez dresser en quelques mots une comparaison entre la femme authentique et la femme moderne, prétendument libérée, que diriez-vous ?

Anne Brassié : Il y a plusieurs femmes modernes.
Il y a celle qui se débrouille avec les impératifs du temps et du destin et donc se bat pour fonder une famille, élever elle-même ses enfants et quelques fois rapporte un peu d’argent parce que les loyers sont hors de prix.
Et celle qui applique la thèse libertaire à la lettre, qui fait carrière et se réveille à 40 ans sans foyer, sans enfants et sans avenir. Ce réveil est rude et la rend encore plus agressive.

Corsaire : Enfin, voici une question qui intéressera nos lecteurs de sexe masculin : Quel rôle les hommes ont-ils à jouer dans cette « refondation des rapports entre hommes et femmes » ?

Anne Brassié : Le diable passe toujours par Eve pour atteindre la Création au cœur. Il faut donc se tourner vers la Nouvelle Eve, celle qui nous a été donnée il y a deux mille ans, pour trouver la parade.
Il est à noter que la solidité de notre société est proportionnelle à son sens du sacré et au culte rendu à Marie.
La femme n’a jamais été autant femme (fertile, éducatrice, savante, spirituelle…) que du temps de la chevalerie et c’est à tout deux, femme et chevalier, qu’il appartient de reconquérir le monde.
Retrouvons le sens du Bien commun comme fil rouge de notre vie, reprenons d’autorité le temps de vivre, de parler, de croire… Battons-nous pour reconquérir nos terres, si petites soient-elles.
Les hommes sont nos protecteurs avant même l’État, grâce à eux le fragile foyer peut vivre et particulièrement en période de grand désordre politique.
Les hommes sont nos protecteurs à l’image de Joseph qui a vécu et exprimer sa dissidence en protégeant Marie et l’enfant Jésus jusqu’en Egypte.
La raison d’être de la virilité est la protection de la femme et de l’enfant et par extension de la Nation.

Source : Le Rouge et le Noir